Voici les 3 nouvelles couvertures pour les 3 livres de John Green publiés chez Gallimard Jeunesse chez Scripto.
Elles sont, sauf pour La face cachée de Margo issues des éditions originales des livres.
Qu'en pensez-vous ?



Les anciennes :



Pleurer au cinéma ? Okay.
Les jeunes pour les jeunes
Doser le drame
Ce que l’on peut retenir contre
Birdy, on ne pourra pas le reprocher à Nos
Étoiles Contraires. C’est même une des forces majeures du film : un dosage
savant de pathos et d’humour, qui parvient jusqu’au bout à éviter l’écueil du
mélodrame. Même si on se doute dès les premières minutes que le dénouement ne
pourra pas être heureux, même si on traite d’un sujet aussi grave que le cancer,
les personnages nous séduisent avant tout par leur ardeur à vivre. Augustus
« le miraculé » a le côté revanchard de ceux qui ont failli tout
perdre ; Hazel découvre à son contact qu’elle est une personne avant
d’être une malade. Et, pendant une bonne moitié du film, on oublie carrément
que ces deux jeunes ont le cancer. Ils flirtent, se testent, discutent métaphysique, guettent
les textos l’un de l’autre, passent leurs soirées au téléphone sans être
capables de raccrocher en premier. La mort qui plane au-dessus d’eux, à ce
moment, semble presque métaphorique : mort à l’enfance, mort à leur vie de
malades solitaires pour une renaissance commune dans le grand monde. La
spontanéité de Gus, ses extravagances et ses répliques qui tuent nous font rire
de bon cœur. Ses soudains
accès de profondeur lui donnent une autre étoffe. Dans le récent Divergent, je n’avais été pleinement
convaincue ni par Shailene Woodley (Tris Prior), ni par Ansel Elgort (son frère
Caleb), que j’avais trouvés assez inexpressifs. Nos Étoiles Contraires me fait revoir mon jugement. Dans
l’interprétation de Gus et Hazel, le duo fonctionne à merveille, avec un jeu
subtil, tout en nuances. La manière qu’a Hazel de prononcer ses « okay ». La manière qu’a Gus
de l’appeler par son nom complet, « Hazel
Grace ». La complicité dans leurs regards, la délicatesse dans leurs
gestes, la façon dont ils construisent leur propre univers sous les yeux du
spectateur. Et finalement, si ce film est bouleversant, c’est parce qu’il parle
de la mort en parlant de la vie. Et inversement. Parce qu’il sait gérer
l’écart, parce qu’il sait que l’intensité de l’existence naît de l’affrontement
interne entre ces deux forces inébranlables. Il était nécessaire de les faire
apparaître à part égale, de leur donner toute leur place – d’où
l’impossibilité d’un happy end.Ces petites phrases l’air de rien
Autre bon point du film :
son intelligence dans la suggestion. À plusieurs reprises, la conversation
entre les protagonistes prend une tournure inattendue – qu’il s’agisse de Gus
et Hazel, de Hazel et Van Houten, de Hazel pour elle-même – et les personnages
prononcent des phrases-clés (la fameuse scène de la « métaphore » de
Gus, la bande enregistrée dans la maison d’Ann Frank, les détours que prend Van
Houten pour ne pas répondre à Hazel tout en lui parlant exactement de ce qui la
préoccupe). On sent que ces phrases existent, à l’écrit, dans le roman. Le
mérite du film a été de les transposer en toute sobriété : pas d’excès de
dramatisation, pas d’excès de mise en scène. Les mots sont prononcés, on
enchaîne. C’est comme la vie : le temps s’écoule, on ne met pas en pause. Et
pourtant, on quitte le cinéma en essayant de se les remémorer, parce qu’on a
senti qu’il se jouait, à cet instant précis, quelque chose d’important.
Plusieurs jours après, elles nous habitent encore. Lidewij Vliegenthart, l’initiatrice
Nos Étoiles Contraires a beau être un film réaliste, il n’en va pas
moins, pour traiter de l’initiation, puiser dans une forte symbolique que C. G.
Jung qualifierait d’« archétypale ».
Le personnage de Lidewij Vliegenthart, l’assistante de Peter Van Houten, m’a
semblé particulièrement intéressant en ce sens. Dans le film, Lidewij est
présentée comme la figure bienveillante par excellence : belle, douce,
prévenante, c’est elle qui prépare le voyage de Gus et Hazel, elle qui les
accueille dans la demeure de Van Houten, elle qui tempère l’échange, puis elle
qui les guide à la découverte d’Amsterdam jusque dans la maison d’Ann Frank.
Elle est, en quelque sorte, le pendant lumineux de l’écrivain aigri et
misanthrope. C’est grâce à elle que Hazel peut enfin se confronter aux
angoisses qui l’obsèdent – que deviendront ceux qu’elle aime, lorsqu’elle ne
sera plus là ? Puis, dans la maison d’Ann Frank, alors que la jeune fille
décide de risquer sa vie pour monter jusqu’au dernier étage par l’escalier,
Lidewij endosse quasiment le rôle du guide mystique : à plusieurs
reprises, on la montre qui se retourne et tend la main à Hazel, un sourire
serein sur les lèvres, le visage sublimé par ses magnifiques cheveux roux. À
cet instant, elle pousse Hazel à aller au bout d’elle-même, à transcender la
mort. Elle pourrait autant être l’ange qui l’entraîne vers la tombe que celui
qui lui ouvre un passage vers la vie. En témoigne la suite des actions :
le baiser des deux héros dans le grenier de la maison, puis leur scène d’amour,
la nuit venue, dans la chambre de Gus.Un presque-sans-faute
Adapter un roman écrit à la
première personne est toujours un défi pour le cinéma où la focalisation, par
définition, est extérieure. Comment rendre l’émotion du personnage, ses
questionnements intérieurs, ses sensations, ses dilemmes, sans verser dans le drama, le pathos, le bavardage ? Twilight et bien d’autres s’y sont cassé
les dents. Nos Étoiles Contraires
prend le parti d’assumer cette distance : à part la voix-off de Hazel en
intro et en final, le film conserve un voile de pudeur. Peu de musique, peu
d’effets, aucune complaisance avec la maladie, de la suggestion plus que de
l’étalage. Ou presque. Car on n’évite pas quelques scènes pesantes ou
maladroites : l’effet de slow-motion avec musique mélo lorsque Hazel se
réveille en pleine crise et que ses parents accourent dans sa chambre ; le
gros plan sur les abdos de Gus au moment de leur scène d’amour (pourtant toute
tendre et toute mignonne) qui ne colle tellement pas à l’ambiance… bon, ça
reste un teen-movie américain, ça ne pouvait pas être un sans-faute. Petit
bémol également sur les parents de Hazel, couple de parfaits beaux gosses
géniaux qui semblent encaisser à merveille la disparition prochaine de leur
fille (ça leur fait mal mais ça va, ils gèrent). J’ai cru comprendre que le
personnage du père était différent dans le livre, bien moins solide, voire même
carrément effondré. Tant mieux car le couple m’a paru ici manquer
singulièrement de consistance.On ne choisit pas toujours la fin
Lorsque la voix-off prononce les
dernières phrases et que l’écran devient noir, les applaudissements
retentissent. Les spectateurs se lèvent et commencent à quitter la salle. Moi,
je reste assise dans mon fauteuil à regarder défiler le générique, en
m’imprégnant de la musique, comme d’habitude. J’ai les yeux plein de larmes et
les joues humides, je me sens tordue à l’intérieur, comme passée à travers une
essoreuse. Je n’ai pas envie de bouger, je sens que j’ai besoin de rester
immobile pour profiter de ce qui se passe en moi. Pain demands to be felt, mais ce n’est pas l’avis du vigile qui
vient bientôt me demander de partir. Le générique n’est pas fini. Mais il faut.
Je prends mon sac, me mets debout, remonte les marches vers la sortie. Dans mon
dos, la musique joue encore. C’est parfait, me dis-je. Comme Une Impériale Affliction, comme
l’histoire de Gus et Hazel : on ne choisit pas toujours quand vient la
fin.
1. Opening Titles
2. Hazel Intro
3. Hazel Checkup
4. Hazel and Gus Intro-Staring
5. Always
6. Young Hazel Montage
7. Cold Hands
8. The Thing About Pain
9. Letter to Van Houten
10. Okay
11. Hazel X-Ray
12. Funky Bones
13. Surprise
14. Hazel Emergency
15. Doctor Says No
16. One Sad Swingset
17. Thanks for Understanding
18. Mom and Hazel
19. I Love You
20. Disappointment
21. Anne Frank House
22. The Kiss
23. Love Making
24. Christmas Tree
25. Buying Eggs
26. Ambulance
27. Funky Bones 2 Pt. 1
28. Funky Bones 2 Pt. 2
29. Isaac Eulogy
30. Hazel Eulogy
31. The Great and Terrible 10
